Romeri, Luciana, « A propos du Banquet de Platon : la polémique anti-platonicienne chez Athénée », Pallas 61 (2003), p. 327-339 ), Athénée et les fragments d’historiens (Actes du colloque de Strasbourg 16-18 juin 2005), De Boccard, Paris, 2007, p. 341-354 Peintre et graveur français Hippocrate refusant les présents d’Artaxerxès,1792. En compagnie de ces hommes, les chants (skolia), comment les reprendras-tu ? » dans Littérature, n°111, 1998. pp. La mise en scène et la forme disons générale du banquet décrit par les deux philosophes ne semblent pas présenter d’écart ni de dysfonctionnement par rapport aux banquets que les autres textes nous transmettent. du genre que nous tenons surtout, les discours sur la famille. Nous avons, il est vrai, quelques fragments et quelques témoignages indirects, chez Athénée de Naucratis et chez Plutarque, concernant d’autres Banquets  : un Banquet d’Épicure et un Banquet d’Aristote (évoqué aussi dans une scholie de Théocrite, 3.21), outre un Peri methès toujours d’Aristote. Dans l’analyse d’Hermogène il est clair que, plus encore que la figure de Socrate elle-même, c’est l’élément discursif, tourné vers la philosophie et la vertu, qui caractérise ce genre rhétorique – un symposion pouvant être désigné comme « socratique » même s’il se déroule sans Socrate, comme c’est le cas dans les repas, évoqués par Hermogène, que Cyrus prend sous la tente avec ses soldats, dans la Cyropédie de Xénophon. D’ailleurs, sur cette question difficile, voire insoluble, de la relation temporelle entre les deux banquets, je dirai seulement que des références internes – concernant notamment le bataillon sacré de Thèbes – nous feraient plutôt pencher pour une antériorité de celui de Platon, qui aurait été écrit entre 385 et 378 av. Ce sont des banquets de riches, riches en nourritures, en boissons et en objets d’apparat qui peuvent orner la salle ou qui peuvent être introduits dans la salle pour honorer les hôtes. Le respect collectif des dieux et des pratiques sociales, la maîtrise de soi qui, au sein du symposion, est aussi une maîtrise de tous sur tous et les échanges codifiés entre les bons convives, tous ces éléments que le poète met en scène renforcent les liens entre les membres de cette communauté d’égaux. 0000009108 00000 n Badel, Christophe, « Alimentation et société dans la Rome classique : bilan historiographique (IIe siècle av. XI 462c) : Ce poème, qui devait certainement être chanté lors du symposion, constitue une sorte de mise en abyme ou de miroir, là où l’énonciation correspond à l’action même qui est énoncée. Enfin, après le repas, au cours du symposion, tous les convives exécutent leurs discours selon un ordre convenu à l’avance, sur un thème choisi avec l’accord de l’ensemble de l’assemblée. En définitive, dans cette espèce de vide ou de tabula rasa que crée la critique platonicienne, le « banquet socratique » ne se présente plus comme un lieu de plaisir et de partage d’un patrimoine collectif, mais comme un lieu d’enseignement de la vertu, un lieu d’initiation et de progression vers le vrai savoir, jamais vraiment atteint. Ce choix, clairement lié à la figure de Socrate, de laisser prévaloir le plaisir intellectuel est ce qui rend ces banquets « philosophiques », mais il a comme conséquence immédiate, dans les deux cas, une négligence des autres aspects qui constituent le banquet. En inaugurant ainsi, par le type de discours et de finalité qui caractérise leurs Banquets, le genre rhétorique des « banquets socratiques », Platon et Xénophon s’éloignent du même coup d’une représentation homérique et poétique des banquets, c’est-à-dire de la forme, de la composition et surtout de la finalité des banquets tels que les textes « symposiaques » et les textes épiques ou comiques nous ont transmis. Les aspects concrets de la vie romaine sont abordés : habitat, vie de famille, édifices publics. Avant de voir le fonctionnement de ces banquets littéraires grecs dans la Rome du IIe siècle et leur évolution par rapport aux banquets philosophiques de Platon et Xénophon, je voudrais encore signaler, comme des cas à part, les représentations conviviales d’époque romaine qui, tout en s’insérant visiblement dans la tradition platonicienne par le choix convivial, s’en éloignent aussi par le genre satirique ou parodique qui les caractérise. 87 23 :�y�i���~;���Pm�V��s*ƶ�*d����Gs��t��^;��ݟ�9k���jwV5Ek�������v��b��vj{�'�t_�N����I'�7e��w��Ë�;������d�����Q�����l~bh�z����`n6�����_��5u��L��Kq���e�U?�+�+{�'���p�V0�ׇ�4��ؤ}7���ěˤ��{+?����?�����ޑY�w?�ӶfǴ��l���闗��D�Mm�,oطJ�6�4����Y6�P�n蚢����;�^���;�s��rh��O͠z���{������j�����¯�+�)[��v�%N�`�No���j���[J]]M}���c��^-�Z2�ٿ�,m�i��/�1w�5���������v��f�Dӷ�P��G�R�q���u�]1V�}�}Q��+uskJ�f�3�=���� ��:�Dz���x�,n��ͯ��66x��~��.�b��x费Xة����~��� ���:6�i�榯3#�������iPO�������w +q0�"w?�ī�Ŏ�f�.�ݪ��n����w�yd��m|�ng �Ν��k�.��U�F�=�Y�&���~��ޱ�s~VWVv��f�L]?��V�N�d��F���h����0�����������Y�F��ǟW�YdKW���}Oʜ����� �}��p=�-o�N�J}��\�jv���~dH������޿K�:�\檝��T9�^{��B��'�T�Ħ��ydX�ߔeَ� �X��YJ��7kk�?���%�&>X�V����H.¨��+O�G�bՎ������ڷZ/�X^h�)�����*o L|r02��Z��Wa����W—q?&c��N�?x�g��?�ԙ������d�b�’YG߅�������$�dN9s���#Q((�^�� (]����xYʟ������Ŧ���MJ=����SrA��.��y 87-110 ; repris dans C. Calame, Sentiers transversaux. Le cadre étant posé, le poète évoque l’atmosphère joyeuse de la salle, remplie de chants et de fête. Ce sont eux, du moins sur la base des textes antiques que nous possédons, les premiers à avoir consacré un dialogue entier au banquet, quel que soit celui des deux dialogues qui ait été composé en premier. Pellizer, Ezio, « Della zuffa simpotica » dans M. Vetta, Poesia e simposio nella Grecia antica. Patillon, (trad., introd. Il s’agit visiblement d’un banquet privé, vraisemblablement d’un cercle d’amis, dont nous n’avons pas le détail, mais que, grâce aux allusions du poète, nous pouvons imaginer cultivés, habitués à ce genre de réunion et respectueux des codes et des bonnes manières de table. &+���OSa�S����f��@荟30�GR7��� ?QYg�������R7j�~�{Q��p$`�����կ��ݣ���`�����T�l�}] �d�ަ��66TH5,�~k�Ϫ�Na������h~��|��ޘO�Z$љ[4��]�haz��ie=�f'd�n���L���q�@�`^�3!r��CW Ce dysfonctionnement, qui se fait sentir au moment du passage au symposion, est particulièrement vrai, et certainement volontaire, dans le cas du Banquet de Platon. Étends les genoux et, à la manière des gymnastes. Cette brève définition peut également s’appliquer aux machines de l’Antiquité. ), Aristophane : la langue, la scène, la cité (Actes du colloque de Toulouse 17-19 mars 1994), Levante Editori, Bari, 1997, p. 361-377 Et moi, je vais balayer le sol. Il y a, en effet, ici une imitation claire de sa mise en scène : un dialogue entre deux convives dans le prologue prépare et introduit au banquet de fête de Périandre, après une allusion rapide au repas et au cadre convivial, se succèdent des discours entre les convives, au centre desquels se trouve indiscutablement le discours du sage Solon, que visiblement Plutarque voit comme une préfiguration du philosophe platonicien, par excellence, Socrate. un autre nous offre une huile parfumée dans une tasse ; en outre, dans des vases, est prêt un autre vin, qui dit qu’il ne manquera jamais. Par le fait même de manger et boire ensemble, se créent des liens entre pairs et/ou entre la cité et les citoyens. ), Poetae Comici Graeci, 8 vol., Berlin, 1983-1995 Dans un extrême souci de réalisme, le narrateur plonge le lecteur au cœur même d'un repas orgiaque digne de l'Antiquité, où les plats se retrouvent au centre de l'extrait, mais au delà de cette convivialité, le clan des Scorta se serre et se regarde dans une communion, dans un élan connoté religieusement. Deux restaurateurs vous proposent des menus inspirés des recettes de l’Antiquité à déguster dans le jardin romain en écoutant de la musique romaine… Une soirée pour associer saveurs et sonorités de l’Antiquité ! Ensuite, fait l’éloge d’un des vases de bronze. Là encore, ce qui ressort de cette représentation conviviale, par-delà son caractère satirique et parodique, est bien l’exhibition du savoir, ici ridiculisée et mise à mal par les philosophes eux-mêmes qui, parce qu’ils sont faux, laissent dominer leur intempérance. Poésie et polymatheia, ces deux caractères de Masurius sont également les éléments constitutifs du banquet des deipnosophistes dans son ensemble. Bréchet, Christophe, « Des Propos de table de Plutarque aux Saturnales de Macrobe » dans B. Bortolussi, M. Keller, S. Minon, L. Sznajder (éd. Braund, David, « Learning, Luxury and Empire : Athenaeus’ Roman Patron », dans D. Braund et J. Wilkins (éd. 71 Kassel-Austin, chez Athénée, Deipn. De plus, lorsque le tour de Socrate arrive de parler, cet isolement est encore plus marqué : son discours se détache radicalement des autres et sa parole domine et fige l’assemblée. Calame, Claude, « La poésie lyrique grecque, un genre inexistant ? Dans les Propos de table c’est par la forme même du texte que Plutarque porte à son paroxysme le banquet philosophique de type platonicien, le réduisant de plus en plus à une simple compilation de questions et de réponses. Nouvelle édition [en ligne]. Certes, les auteurs latins – les historiens, comme Tacite, Suéton et surtout Ammien Marcellin, mais aussi Pline, Sénèque, Cicéron et, encore, les poètes, par exemple Horace dans son portrait des personnages gloutons au dîner ridicule de sa Satire I 8 ou Plaute dans ses comédies – continuent de s’intéresser au banquet, au convivium, en tant lieu d’expression d’un certain pouvoir et d’une certaine culture. Davidson, James, Courtesans and Fishcakes. Les Grecs associaient en effet la. Or, avant de passer au troisième type de documentation que nous possédons, celle des « banquets littéraires » à proprement parler, que pouvons-nous conclure, à la suite de tous ces exemples de textes narratifs, « symposiaques », théâtraux et épiques, qui, tous, mettent en scène un banquet ? Tout ce qui circule au cours du banquet est objet de savoir et occasion de discussion et d’exhibition intellectuelle : tout d’abord, tout ce qui concerne les nourritures servies (ingrédients, recettes, boissons...), puis, tout ce qui passe dans la salle du banquet (esclaves, cuisiniers, vaisselle, plats, verres, parfums...) et, enfin, tout ce qui se fait dans la salle (chants, joutes verbales, énigmes, jeux...). Dans cet espace par excellence d’expression de pratiques alimentaires, de comportements codifiés, de distinction sociale, de normes morales et de productions intellectuelles et poétiques, les convives absorbent et partagent ce patrimoine collectif, participant par-là, en même temps qu’à son élaboration, à sa conservation. Le deuxième cas de représentation parodique d’un banquet qui doit être signalé est le Banquet ou Les Lapites de Lucien de Samosate, auteur lui aussi de langue grecque et également lié à la Rome impériale, même si, à la différence de Plutarque et d’Athénée, il ne s’y installe pas. Goeken, Johann, « Le banquet : un lieu de dialogue ? Luxe et pouvoir dans l’œuvre d’Athénée, collection Table des hommes, PUR-PUFR, Rennes-Tours, 2013, p. 197-227 Il ne s’agit pas de mettre en place un banquet sobre, sans mets et sans boisson, au contraire ceux-ci sont visiblement, toujours et encore, recherchés et élaborés dans les banquets destinés à la haute société romaine de l’époque. Studies on Poetry and the Symposion, Oxford University Press, Oxford, 2016, p. 140-158 Le banquet est simplement l’occasion pour faire, tout d’abord, défiler, l’un après l’autre, les différents dirigeants romains, tous décrits à leur entrée en scène par un trait, moral ou physique, qui les caractérise, et pour les inviter, ensuite, à une joute oratoire, où chacun célèbre ses propres exploits, en explicitant le but qui a guidé sa vie – ce qui permet d’obtenir l’effet très plaisant d’une synthèse mordante et satirique de l’histoire de Rome. ), Athenaeus and his World : Reading Greek Culture in the Roman Empire, Exeter, 2000, p. 292-303 Accueil > Français > B > Banquet philosophique et littéraire dans l’Antiquité gréco-romaine. Studi e testi, 3, Alessandria, 1991, p. 31-41) La richesse que ces banquets des élites continuent sans aucun doute d’exhiber et parallèlement les plaisirs corporels que vraisemblablement ils continuent de susciter ne font plus partie des « banquets littéraires » au sens propre, c’est-à-dire de l’élaboration écrite qui les décrit et les transmet. Ce très long texte, en quinze livres, écrit en langue grecque, est le seul ouvrage que nous possédons d’Athénée – les deux premiers livres et une partie du troisième étant toutefois perdus, une épitomé de l’ouvrage permet de suppléer cette perte. Mais, à une exception près, nous ne possédons pas dans la littérature latine de textes exclusivement conviviaux. La Poésie Dans L'Antiquité. :���X����� t1A�)�{� 1, Institut Sciences et Techniques de l’Antiquité (coll. Mais une fois encore, c’est l’érudition qui va dominer au détriment de tout autre plaisir. 17 déc. et notes de), Hermogène. A. Bien ! 0000030191 00000 n Aussi, en termes de finalité, passe-t-on ici d’une célébration de la cité et de ses valeurs, de ses normes et de ses rituels, à la mise en scène du philosophe et de la nécessité d’une éducation philosophique. Cette variété d’intérêts et de savoirs au sein du banquet est symboliquement mise en avant par l’abréviateur dans la présentation du premier des deipnosophistes, Masurius, à identifier sans doute avec le jurisconsulte de l’époque de Tibère (I, 1c) : Masurius est un poète, significativement relié à Archiloque, et un érudit au savoir encyclopédique. Le banquet est clairement un lieu d’exhibition de richesse, dont les principaux signes sont le nombre de victimes offertes pour le repas, les précieux objets offerts à Ulysse et, surtout, la présence même de l’aède, que seul le roi peut se permettre de posséder et qu’il met généreusement à la disposition de son invité et de toute la communauté aristocratique. XV 665b-d) : Grâce au regard et aux ordres réciproques que les deux esclaves chargés d’organiser le symposion échangent entre eux, nous avons ici une description très complète des divertissements qui devaient accompagner le moment de la boisson. Représentation du banquet et médiation culturelle dans les comédies de Plaute », Pallas 61 (2003), p. 245-250 Studies on Poetry and the Symposion, Oxford University Press, Oxford, 2016, p. 28-41 Compte tenu de ce bilan sur la base des textes antiques décrivant le banquet et appartenant à différents genres, en quel sens et à quel niveau peut-on dire que le « banquet littéraire », qui naît à Athènes au IVe siècle av. Histoire, Sciences sociales 60/3 (2005), p. 507-530 Robin Nadeau, Les manières de table dans le monde gréco-romain, Tours / Rennes, Presses Universitaires François-Rabelais / Presses Universitaires de Rennes, 2010, … Bilan historiographique), 7 (2012), p. 133-157 C. Pavarani, La Représentation des banquets dans la poésie latine officielle de l'Antiquité impériale et tardive, 2012, p. 12. Cette élégie est conservée, elle aussi, dans les Deipnosophistes d’Athénée, juste après le fragment d’Anacréon cité plus haut. Voyons d’abord les contenus et les procédés poétiques. L’érudition comme solution » dans C. Grandjean, A. Heller, J. Peigney (éd. Après cela, je vais apporter les couronnes et en donnerai une à chacun des convives. Les artistes le montrent volontiers sous la table des maîtres, dans un banquet ou autour des personnages d’une scène de la vie quotidienne, couché sur le sol ou regardant les humains en attente d’un geste de leur part. J.C.), Athénée est, selon la Souda – le seul témoignage que nous ayons sur lui en dehors de son propre texte – un grammairien, c’est-à-dire un érudit, qui vit à Rome, vraisemblablement sous la protection du riche Larensis, dans la demeure duquel il met en scène son ouvrage convivial, les Deipnosophistes. Le banquet et la femme, le mercredi 8 mars 2017 à 10h, entrée gratuite pour les femmes dans le cadre de la journée internationale de la Femme. La parole socratique devient, alors, dans la conception conviviale platonicienne, le seul savoir digne de mémoire et donc de récit dans les banquets de la cité. Pavarani, Cecilia, « La représentation des banquets dans la poésie latine officielle de l’Antiquité impériale et tardive », Camenulae 8 (2012), p. 1-12 ; texte en ligne : http://www.paris-sorbonne.fr/IMG/pdf/PavaraniBAT.pdf En d’autres termes, l’aède Démodocos, chantant les mythes et la guerre de Troie au cours du banquet, et le poète Homère, nous racontant l’odyssée d’Ulysse, ne font plus qu’un, puisque le chant de l’un coïncide avec l’histoire de l’autre. - Les chiens de compagnie, on le voit souvent dans la maison de son maître. La multiplicité des savoirs mobilisés au sein du cercle de Larensis constitue un véritable patrimoine collectif à exhiber et partager. en train de boire, quel aspect de toi penses-tu que tu leur raconteras. ), Athénée et les fragments d’historiens (Actes du colloque de Strasbourg 16-18 juin 2005), De Boccard, Paris, 2007, p. 321-340 Dorion (texte établi et trad. Les convives. On y trouve ici la description de son fonctionnement, de sa disposition et de l’espace dans lequel il se déroule : le sol est lavé, les deuxièmes tables sont dressées pour permettre la circulation des coupes, les convives sont couronnés et parfumés, le cratère du vin est placé au centre des convives, ainsi que l’encens parfumé et l’eau, des pains, du fromage et du miel, qui vont accompagner la boisson, sont posés sur les tables. Le premier cas que je veux signaler est un texte latin : il s’agit de la Cena de Trimalcion présente dans le Satyricon de Petrone, auteur latin assez « énigmatique » qui aurait vécu à Rome au I siècle apr. Romeri, Luciana, Philosophes entre mots et mets. Et cette explicitation se fait justement par la figure socratique de Solon. Elles précèdent l’éclosion du monde grec, puis l’avènement de la République romaine. Œuvres complètes. J.C.). Néanmoins, cette exclusivité que les deux « banquets philosophiques » accordent au discours socratique fera en même temps évoluer aussi le genre lui-même puisque, de « philosophique », le banquet littéraire va devenir de plus en plus, notamment à l’époque romaine, « érudit ». Aussi, à la place du patrimoine poétique, est-ce un autre patrimoine, philosophique, que Platon bâtit dans les banquets et préconise de transmettre. Anderson, Graham, « The Banquet of Belles-Lettre : Athenaeus and the Comic Symposium », dans D. Braund et J. Wilkins (éd. Enfin, le poète fait une allusion au type de thématiques sur lesquelles les convives doivent s’entretenir et surtout celles sur lesquelles ils ne doivent pas s’entretenir. ISTA, 1079) Besançon, 2007, p. 219-240 Chez Platon, le médecin Eryximaque propose l’éloge d’Eros que chaque convive va faire selon ses compétences (177d1-3) : Chez Xénophon, on assiste d’abord à l’exposé de ce qui fait la fierté de chacun (III, 3) : Puis, à la suite de ces exposés individuels, Socrate se lance dans un très long discours sur Eros (VIII), ce qui constitue le dernier discours de ce dialogue. Genre, moeurs et politique dans l'Antiquité grecque et romaine, avec V. Azoulay et F. Gherchanoc, Paris, Publications de la Sorbonne, 2012 ), A la table des rois. C’est lui qui fait préparer huit cochons, douze brebis et deux bœufs pour le repas, ainsi que les coupes de vin, c’est lui qui invite les convives à profiter du festin, lui qui fait appeler l’aède Démodocos pour qu’il charme l’assistance avec ses chants, qui invite ensuite Ulysse et les jeunes Phéaciens à se mettre aux jeux, qui, après les jeux, de nouveau appelle Démodocos pour de nouveaux chants, qui invite ses deux enfants, Laodamas et Halios, à danser, puis les douze rois Phéaciens à offrir des dons d’hospitalité à Ulysse. Quoiqu’il en soit, c’est bien le roi Alkinoos qui se charge de l’organisation du festin. C’est indiscutablement l’élite des Phéaciens qui se réunit autour d’un banquet en l’honneur de cet hôte encore inconnu qu’est, à ce stade, Ulysse. Voici le contexte. J.-C. a pour objectif de lutter contre l’oubli et de dispenser la Schmitt Pantel, Pauline, La cité au banquet. 7 West = Théognidea 795 West), et, encore mieux, de le réjouir, en réjouissant en même temps son corps, comme le dit aussi bien un autre fragment poétique de la Théognidea, qui résume parfaitement l’esprit du banquet grec, lieu de combinaison entre plaisir pour le corps, en l’occurrence, ici, celui de la boisson, et plaisir pour l’âme (Théognidea 763 West) : Buvons, en échangeant les uns avec les autres d’agréables discours ! ), Φιλολογία. Ce « banquet littéraire » de l’un des principaux auteurs en langue grecque du IVe siècle a, certes, beaucoup perdu des éléments constitutifs d’un banquet antique, mais en préserve sans aucun doute l’une des caractéristiques les plus marquantes : celle de l’exhibition personnelle, qui passe par l’éloge et la célébration de soi, ainsi que par l’échange (ici polémique) avec les autres égaux qui composent le banquet. Si, d’une manière générale, les poèmes « symposiaques » peuvent toujours évoquer des éléments constitutifs du banquet (le vin, l’ivresse, l’amour, les récits à chanter etc.